dimanche 10 juin 2012

Luchas

Une nappe homogène, une grille quasiment uniforme de rues et avenues sans espace pour qu'elle s'aère : Buenos Aires. J'ai beaucoup de mal à m'y repérer à cause de cela. La ville semble sans limite et présente peu de points de repères pour mon oeil d'étranger. Partout les cafés, les kioskos maxi ou non, les cartoneros, ramasseurs des déchets des plus riches qui patrouillent toute la journée, les vendeurs ambulants de café. Je finis par réaliser malgré tout que les quartiers se spécialisent : ici les bagages, là les opticiens, là... les dames (enfin du moins d'apparence) qui font le pied de grue en attendant le client. Mais aussi, dans cette matrice géante, des points où surgissent la révolte.

 Bilal, péruvien rencontré au centre Rosa Luxembourg, sort le mot : « luchas ». Les luttes.
















Ce coin de monde est en lutte. Ici à Buenos Aires je remarque bien les marques de luttes nationales (voire nationalistes) : de la nationalisation du pétrolier espagnol Repsol en la compagnie argentine YPF au trentième anniversaire de la guerre des Malouines. Ce qui me frappe, ce sont plutôt les revendications de groupes, des vétérans oubliés des Malouines (ils campent sur la place de Mai) aux grévistes, de la ligne de bus n°60... du CNC (organisme gouvernemental qui contrôle les telecoms).






















 Là, Cristian, du syndicat CTA, m'explique que son homonyme féminin et omniprésente superprésidente du pays Cristina (Kirschner) leur a supprimé une partie de leur salaire.

 Mode d'emploi local pour une bonne manifestation (avec ou sans « paro » -grève) : de grandes bannières colorées et une batterie de percussions.

 Brusquement, une vague de contestation passe avec fracas et force drapeaux dans la rue. A un petit carrefour à l'écart de l'avenue, une habitante du voisinage tente diplomatiquement de dissuader les conducteurs de bus en grève de continuer leur barouf à coups de grosse caisse et agrémenté des aboiements d'un chien de rue. Quelque soient nos goûts musicaux, on a envie d'être solidaire et de lever le poing.





Et dans le même temps, comment concilier la réclamation du paiement d'une prime de salaire avec la vision de tous ces plus que pauvres, cartoneros qui arpentent les rues pour tenter de transformer en quelques pesos tout ce dont les autres ne veulent plus.













lundi 4 juin 2012

ceci n'est pas une poule : la feria de San Telmo



Macaronis au fromage

Macaronis au fromage. J'ai choisi les macaronis au fromage. Avec concassé de courgettes. Encore une fois, je me suis trompé. J'aurais du prendre le poulet basquaise. A croire que je fais toujours le mauvais choix. Pourtant, il y a bien une raison, toujours. Là... Ca devait être tous ces chasseurs autour de moi. Des types qui volent à l'autre bout de la planète pour tuer des canards et autres volatiles. Moi je n'ai rien contre les oiseaux. Ils ne m'ont rien fait. Sauf un pigeon une fois peut-être. Mais un poulet... Ils étaient dégueulasses ces macaronis. La prochaine fois, je ferai moins de sentiments.

Je n'ai pas dormi ou très peu. En classe éco, les gens sont plus petits. L'écart entre les sièges est donc réduit. On se marche dessus. On se ronfle dessus. On se retourne dix mille fois en treize heures de temps.
Alors oui, pour faire passer le tout, on redemande du vin rouge dans la petite bouteille en plastique. On a pensé la meme chose avec mon voisin. Je ne l'invente pas : il est contrebassiste dans un orchestre de tango. J'irai peut-être le voir, Pablo. A l'Esquina Carlos Gardel.

Phase d'atterissage. C'est le matin et le ciel est clair. Au sol, on voit s'alterner des couches urbaines de toits carrés, serrés, enchevêtrés un peu n'importe comment. Et, beaucoup moins nombreuses, des zones isolées de maisons entourées de jardin avec piscine.

Des réservoirs sur les toits. C'est bien là.



quelque part dans une ville de l'hémisphère sud / In the Southern hemisphere